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Le bilan de la BoJ dépasse désormais le PIB japonais
information fournie par Reuters 13/11/2018 à 15:26

    * L'équivalent de €4.300 mds d'euros, plus que le PIB nippon
    * Une première pour une banque centrale du G7
    * La Banque nationale suisse était seule dans ce cas
jusqu'ici

    par Hideyuki Sano et Tomo Uetake
    TOKYO, 13 novembre (Reuters) - La valeur des actifs de la
Banque du Japon dépasse désormais le produit intérieur brut du
pays, une situation inédite au sein du G7, à la suite de cinq
ans d'achats tous azimuts destinés à relancer l'inflation. 
    Les 553.600 milliards de yens (4.310 milliards d'euros)
d'actifs détenus par la BoJ représentent un peu moins de cinq
fois la première capitalisation boursière du monde - celle
d'Apple  AAPL.O  - et 25 fois celle de Toyota  7203.T , le plus
grand groupe japonais coté.
    Ce montant est aussi supérieur à la somme des PIB de la
Turquie, de l'Argentine, de l'Afrique du Sud, de l'Inde et de
l'Indonésie.
    Jusqu'ici la Banque nationale suisse (BNS) était la seule
banque centrale du monde à avoir un bilan supérieur au PIB de
son pays. La BoJ est première dans ce cas au sein du Groupe des
Sept nations les plus industrialisées.
    Les données publiées mardi par la BoJ montrent comment elle
a amassé des obligations en cinq années et demi de politique
dite d'assouplissement qualitatif et quantitatif.
    
    
    Le produit national brut japonais pour la période
avril-juin, dernière donnée disponible, a atteint 552.821
milliards de yens. La statistique du troisième trimestre,
attendue mercredi, devrait montrer une contraction en raison de
catastrophes naturelles qui ont perturbé l'activité économique.
    Si la politique de la BoJ a permis à l'archipel de sortir de
20 ans de déflation, elle n'a pas suffi à lui permettre
d'atteindre l'objectif d'inflation de 2% ni à stimuler
durablement la demande et la croissance.
    Nombre d'investisseurs jugent l'objectif d'inflation trop
ambitieux, d'autant qu'il oblige la BoJ à poursuivre ses rachats
d'actifs alors que les autres grandes banques centrales ont
commencé ou se préparent à engager la normalisation leur
politique monétaire. 
    Avec ses rachats agressifs, la BoJ détient désormais environ
45% du marché des obligations d'Etat japonaises.
    "Cette politique n'est clairement pas tenable. La BoJ
subirait des pertes si elle devait relever ses taux à, disons,
2%", observe Hidenori Suezawa, analyste chez SMBC Nikko
Securities. "Par ailleurs, en situation d'urgence comme une
catastrophe naturelle ou une guerre, la BoJ ne serait plus en
capacité de financer des emprunts d'Etat."
    Le bilan de la BoJ a commencé à gonfler en 2013 avec
l'entrée en fonction du gouverneur actuel, Haruhiko Kuroda, qui
a aussitôt prôné des mesures non conventionnelles pour,
disait-il à l'époque, parvenir en deux ans à un taux d'inflation
de 2%.
    Cet objectif n'a jamais été atteint, hormis pendant une
brève période en 2014 après une hausse de la TVA. (Graphique
interactif sur la bataille contre la déflation: http://tmsnrt.rs/28KmQnX)
    Depuis 2013, le PIB nominal japonais a crû au total de 11%,
soit de 0,5% par trimestre en moyenne, l'un des rythmes les plus
soutenus de l'histoire moderne du pays. 
    Mais la croissance réelle est moins impressionnante à
seulement 6,7% depuis l'entrée en fonctions de Haruhiko Kuroda,
soit une moyenne de 0,31% en moyenne par trimestre. 
    Des chiffres inférieurs à ceux enregistrés pendant le mandat
de Toshihiko Fukui à la tête de la BoJ entre 2003 et 2008 (8,75%
de croissance réelle au total et 0,44% par trimestre), une
période marquée il est vrai par la dynamique positive liée à
l'essor des pays émergents.
      
    
    Pour de nombreux observateurs, la stratégie offensive de
Haruhiko Kuroda n'est plus très loin d'atteindre ses limites. 
    La BoJ a d'ailleurs ralenti ses achats, désormais inférieurs
à l'objectif officieux d'une augmentation de 80.000 milliards de
yens par an de ses avoirs en obligations d'Etat japonaises.
        

    Parallèlement, l'impact de la politique de la BoJ sur les
valorisations boursières tend à diminuer: pendant la première
année, durant laquelle la banque centrale a acheté pour 1.000
milliards de yens d'actions, l'indice Nikkei  .N225  de la
Bourse de Tokyo a gagné environ 20%. 
    Mais alors que ses achats ont augmenté pour atteindre 6.000
milliards de yens annuels en juillet 2016, les actions nippones
ont sous-performé de nombreux autres grands marchés et l'indice
MSCI mondial  .MIDWD00000PUS , qui regroupe 47 places boursières
développées et émergentes.
    
    
    
    L'influence de la banque centrale est controversée et
sévèrement critiquée par des acteurs du marché boursier, qui lui
reprochent d'avoir asséché la liquidité sur certains segments
secondaires du marché, notamment celui des obligations d'Etat.
    Pour répondre à ces critiques, la BoJ a infléchi les
modalités de mise en oeuvre de sa politique pour permettre ce
qu'elle appelle "un assouplissement soutenable".
    Fin octobre, elle a notamment annoncé qu'elle allait réduire
la fréquence de ses achats d'obligations à partir de ce mois-ci.
        

    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
BOJ's buying spree II    https://tmsnrt.rs/2QDgFIG
Japan's economic growth under recent BOJ Governors    https://tmsnrt.rs/2PqqD3O
BOJ's tapering    https://tmsnrt.rs/2PoaLib
Share performances since BOJ's increase in ETF buying    https://tmsnrt.rs/2PlwCqo
central bank banace sheets interactive    https://tmsnrt.rs/2D0DZMQ
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^>
 (Véronique Tison et Marc Angrand pour le service français,
édité par Blandine Hénault)
 

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